« Le Jour où … j’ai tourné mon premier film X » par Nina Roberts – Paris Match (2007)
[FR] AVERTISSEMENT : Ce blog est un espace éditorial dédié à l'analyse cinématographique et au reportage sur les coulisses (Behind-The-Scenes) de l'industrie pour adultes. Conformément aux règlements de la communauté Blogger, ce contenu a un but strictement documentaire et informatif. Il peut contenir des images de nudité liées au contexte de production. Aucun acte sexuel n'est représenté et ce site ne promeut aucun service commercial. Accès strictement réservé aux personnes majeures (+18).
Retour en 2007, dans une libre tribune « Le jour où … » offerte a l’ancienne actrice X francaise, Nina Roberts, par le magazine hebdomadaire Paris Match. Au lendemain de l’annonce de sa retraite du X a 24 ans et la publication de son autobiographie pornographique « J’assume », la belle d’origine sicilienne nous compte « Le Jour où … j’ai tourné mon premier film X« .
Back in 2007, in mainstream magazine Paris Match, for an article written by former French pornstar Nina Roberts who explains us on how she entered the porn business « The day … where i shooted my first porn scene« .
Et puis, après maintes aventures que je veux sans lendemain, je tombe amoureuse du futur père de mon fils, un musulman sans travail. Par nécessité financière, nous habitons chez sa mère. J’arrête l’école et je m’inscris en apprentissage de coiffure. Au bout de trois ans, mon compagnon commence à me battre. Paradoxalement, le manque d’amour me pousse à faire un enfant. Je veux avoir un être à chérir. A la naissance de Mehdi, j’apprends que son père me trompe. C’est la séparation. Je me retrouve seule, criblée de dettes. L’enfer à 20 ans. Jusqu’à ce jour de 2003 où je comprends que mon fils va avoir 1 an et que je n’ai même pas les moyens de lui offrir un cadeau! Il me faut un job tout de suite et qui rapporte, pas un boulot de coiffeuse à 460 euros par mois. Je lis les petites annonces dans le journal gratuit de Seine-et-Marne où j’habite. L’une d’elles retient mon attention: «Recherchons modèles pour photos et films X ». Au fond, le souvenir de mes 14 ans ne m’avait jamais vraiment quitté.
Je téléphone et je me décris comme un «boudin». H.p.g., le directeur de l’agence, me convoque néanmoins à Paris. En m’y rendant, je pense que je vais tomber sur la mafia… Mais sur place, je découvre un milieu clean, très professionnel. Mon hôte me briefe sur les contraintes du métier puis me demande si je suis toujours intéressée. Je me sens prête à faire n’importe quoi, même le trottoir, pour nourrir mon gamin. Il me fait signer mon contrat. Je me sens fière d’avoir réussi mon premier casting, moi qui ai toujours rêvé d’être actrice. Rendez-vous est pris trois jours plus tard pour tourner ma première scène. Trois jours d’attente fébrile. Je suis angoissée. Peur de me faire rejeter, moquer.
Et puis le jour J arrive. Je me rends dans un loft parisien où un somptueux décor est dressé. H.p.g. m’a demandé de porter de la lingerie que je n’ai pas; de me maquiller, ce que j’ai fait. Dans les films X, les filles sont très fardées. J’ai donc essayé d’obtenir le même effet. Une catastrophe. J’ai comme du plâtre sur le visage, mes lèvres sont trop rouges et j’ai teint mes cheveux en blond platine car, dans mon esprit, pour faire du porno, il faut avoir l’air vulgaire. Pas du tout ce que veut H.p.g. Il aime, dit-il, mon côté doux et timide. II me demande alors ce que je pratique sexuellement. De peur de le décevoir, je réponds: «Tout». Je me suis convaincue qu’une actrice de X se doit de « tout » accepter. Surtout au regard de l’énorme somme que je vais toucher: 150 euros cash pour seulement deux heures de tournage ! Je suis folle de joie… La scène commence. Le réalisateur m’explique au fur et à mesure ce qu’il faut faire. Surprise, je découvre l’envers du décor: un photographe double chaque prise de vues, la caméra coupe toutes les deux minutes, on vous remaquille entre les poses… c’est si technique que toute notion de plaisir est bannie. Ce n’est que simulation, pure comédie. J’agis sans réfléchir. Je débranche les sensations de mon cerveau pour faire «le travail» qu’ils attendent. Je me concentre, je ne pense qu’à réussir.
J’ai déjà regardé des films pornos violents et je me suis préparée à souffrir… Or, il se produit exactement l’inverse.
PROPOS RECUEILLIS PAR ISABELLE LEOUFFRE
Nina Roberts, 26 ans, a écrit «J’assume «, préfacé par Virginie Despentes, et «Grosse vache», aux Editions Scali. Actuellement, elle a mis sa carrière d’actrice de films X entre parenthèses pour chercher une autre vie.




Commentaires
Enregistrer un commentaire